Continuer sa route...
Publié le 14 Avril 2013
Hier, parce que la petite fée devait retrouver son père, et qu'il ne pouvait pas venir la chercher, je me suis rendue à Cannes....
Ca fait un long moment maintenant que je n'y étais pas retournée, et en dehors de la fatigue liée au voyage, je me suis quand même sentie très fébrile, en arpentant les rues de cette ville, qui pendant 10 ans fût la mienne.
Je suis repassée devant l'école de ma fille, et la librairie Atomik, où nous allions tous les soirs lui acheter un petit bonbon ou un yéti lorsqu'il faisait beau.
Je suis allée aussi, devant mon ancien logement, et devant le collège où j'exerçais. Je me suis alors souvenue de longs moments de solitude. Ainsi, je me suis bien rendue compte, que même si la qualité de vie que j'avais les dernières années avant mon divorce, y était exceptionnelle, je me suis retrouvée là comme étrangère... un sentiment qui ne me quittait vraiment jamais à l'époque où j'y vivais. Quelle bizarrerie... connaître les rues par coeur, les raccourcis, reconnaitre certaines vendeuses même... et puis se sentir tellement étrangère et en dehors de tout ça malgré tout.
Je suis repartie le coeur lourd... lourd d'avoir réalisé que j'étais véritablement seule là bas... Au moment où j'ai dû me faire héberger par une collègue de boulot, parce que j'achetais même mes courses à crédit, une bonne amie du collège me dit "pourquoi t'es pas venue chez moi. La porte y était grande ouverte. Tu t'es gênée, c'est tant pis pour toi"... J'ai encaissé, en disant juste "oui c'est vrai, t'as peut-être raison"... mais cette remarque et mon manque de réaction m'ont toujours laissé un goût amer. En réalité cette "bonne amie", n'était pas plus disponible pour moi que pour le clochard au coin de la rue. Elle a juste nourri sa bonne conscience en me disant cela. Elle savait très bien que je n'oserais jamais demander, et elle en a profité pour rebalancer la faute sur moi.
Et bien je dois dire, que cette anecdote résume bien tout ce que j'ai vécu à Cannes... des milliers de promesses non tenues, des rendez vous râtés, des amis qui n'en n'étaient pas, un profond sentiment de solitude, fondé putain, fondé... un apparent bonheur de façade rien de plus...
En regardant dans le rétroviseur de ces dix années de vie, je garderai le souvenir des premières années de ma fille, et quelques ovnis humains et middle class, rencontrés par le biais de l'école de la petite fée.
Je laisse derrière moi Cannes, son soleil, et son fric fou... Je laisse derrière moi, les promesses non tenues, les mensonges et la mauvaise foi, les amitiés qui n'en sont pas, et cette solitude qui ne m'a jamais quittée, à chaque fois que je vais là bas.
Le collège a été rasé, et mon bureau avec... c'est un signe. Ils sont passés à autre chose, depuis le jour où je suis partie. J'ai arraché le vernis qui restait sur ces jolies images, tellement magnifiques, quand ici c'est compliqué.
Je viens de passer le panneau Marseille... ouff... je suis rentrée à la maison, et j'en suis soulagée...